Planning familial
Les patientes et patients atteints d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) sont souvent très préoccupés quand ils désirent avoir un enfant. Au fait, une femme atteinte peut-elle vraiment tomber enceinte ? Que se passe-t-il si elle souffre d'une poussée pendant la grossesse ? Une stomie ou une poche iléo-anale constituent-elles des facteurs susceptibles d'entraver une grossesse ? Les médicaments peuvent-ils causer des malformations ?
Cette question et mille autres se posent et elles réduisent considérablement la joie que ressentent les parents potentiels à l’idée d'avoir un enfant. C'est dommage, parce que presque toutes les patientes peuvent tomber enceinte et l'accouchement se déroule sans complications chez la plupart d'entre elles.
- Fertilité : Dans une phase inactive de la maladie ou une phase de rémission stable, la fertilité des patientes atteintes d'une MICI est identique à celle des femmes en bonne santé. Mais comme l'évolution de la maladie pendant la grossesse est déterminée par l'état de santé au début de la grossesse, la fécondation doit être prévue dans une phase de rémission stable. La production de spermatozoïdes est limitée chez les hommes recevant des médicaments à base de la substance active sulfasalazine. La spermiogénèse se normalise toutefois après l'arrêt du traitement par ces préparations.
- Les patientes porteuses d'une stomie ou d'une poche ne doivent pas non plus renoncer à avoir un enfant. Des complications possibles pour la mère sont un prolapsus de la stomie ou – chez les femmes porteuses d'une poche – une augmentation de la fréquence des selles ou une incontinence. Mais ces complications disparaissent après l'accouchement.
- Hérédité : Lors de la fécondation, la nouvelle génération reçoit le patrimoine héréditaire pour moitié du père et pour l'autre moitié de la mère. Une prédisposition génétique à une MICI peut donc être transmise aux enfants. C'est pourquoi les enfants ont eux aussi un risque plus élevé de tomber malade que les enfants de personnes en bonne santé, ce risque pouvant toutefois être considéré comme minime en chiffres absolus.
Médicaments :
Il est important de savoir qu'une poussée peut présenter un risque accru pour la santé de l'enfant. C'est pourquoi il est absolument nécessaire de la traiter.
Une poussée survenant pendant la grossesse peut être traitée par des glucocorticoïdes, de la mésalazine ou de la sulfasalazine. Ces substances actives sont considérées comme inoffensives pendant la grossesse et la période d'allaitement. En outre, les études ont montré que le risque de fausse couche ou de malformation n’était pas plus élevé chez les patientes recevant de l'azathioprine que chez les patientes n'ayant pas pris cette substance active. Si un traitement par azathioprine est indiqué, il devrait être poursuivi également pendant la grossesse, selon les directives actuelles. Il n’existe toutefois pas d'informations indiquant que les enfants courent un plus grand risque de subir des malformations si leurs pères ont été traités par de l'azathioprine au moment de la fécondation. Aussi, les hommes devraient-ils arrêter de prendre cette substance active trois mois avant la fécondation. L'innocuité de l'azathioprine pendant la période d'allaitement n'est pas encore complètement élucidée, même si les données récentes ont révélé de très faibles concentrations dans le lait maternel. Si vous avez besoin de plus d'informations et de conseils, adressez-vous à votre médecin. Il n’existe que très peu de données relatives aux effets des anti-TNF (par ex. infliximab) pendant la grossesse et la période d'allaitement. Adressez-vous à votre médecin traitant pour trouver une solution optimale.
Pas de circonstances particulières
Les statistiques confirment que si une patiente atteinte d'une MICI est dans une « situation intéressante », elle n'est toutefois pas dans des circonstances particulières. Si le début de la grossesse coïncide avec la phase de rémission, le nombre d'accouchements sans complications, de fausses couches et d'anomalies est aussi élevé chez les patientes dans une phase inactive de la maladie que chez les femmes en bonne santé.
Il est toutefois recommandé de planifier une grossesse avec le médecin traitant et le gynécologue (à moins qu'il ne s'agisse d'une grossesse « accidentelle ») afin de discuter également des circonstances possibles de l'accouchement (normal ou césarienne). Dans le cas d'une évolution difficile, il est utile d'envisager un traitement dans un hôpital disposant d'un service de néonatologie (médecine du nouveau-né).
Texte adapté de http://www.ced-alleswasgeht.de/leben_schwangerschaft.php
Heetun, ZS et al, Aliment Pharmacol Ther. 2007 Aug 15;26(4):513-33 (Link)
Christensen LA et al. Aliment Pharmacol Ther. 2008 Nov 15;28(10):1209-13.(Link)